Le Tao Te King, un art de vivre à travers un art de penser dans le monde d'aujourd'hui.
Dans la cité, un homme dune trentaine dannées vivait comme un vieil acariâtre. Les "djeuns" lavaient baptisé larchéologue : en effet, il était très bavard, et voulait toujours avoir raison. Alors inévitablement, il lui arrivait souvent de dire des bêtises, de se faire contrer, ou alors que plus personne ne veuille parler avec lui. Alors "larchéologue" prenait le dessus ! Il se mettait à parler de choses invérifiables, qui sétaient déroulées dans un pays que personnes dans ces habitations de pauvres gens navait pu connaître. Son truc à lui, son pays, cétait lAmérique ! Il avait pourtant ses fans dans la cité... quelques personnes quil parvenait à faire rêver, dautres hypnotisées par ses talents dorateurs, ne se rendaient pas compte quil lui aurait fallut vivre 126 ans (Maître Ato avait un jour compté, par taquinerie), pour avoir réellement été et vécu tout cela. Et puis Manza nétait pas complètement idiot, et aimait être admiré. Il connaissait, en bon manipulateur, les points faibles des personnes de son entourage, et savait soit enfoncer le couteau, soit passer de longuent.
Ato était amusé par ce personnage, bien quil le trouvât dangereux pour qui se laissait prendre. Mais après tout, les faibles étaient des adultes, les plus jeunes ne se laissaient pas prendre à ces entourloupes de communiant ; ils avaient leurs rêves devant eux, eux.
Un jour, Manza vint voir Ato.
Monsieur Ato, pourrais-je savoir ce que je vous ai fait ?
Je ne comprends pas de quoi vous parlez, monsieur.
Vous le savez fort bien ! Vous êtes un vieux c-n de m---e, une lopette, une bouse de vache séchée au pet de cheval, un gros fils de p--e débile, un vieil enc--é sans cou---es... et il continua ainsi pendant plusieurs minutes.
Maître Ato aurait pu fermer la porte. Il aurait pu aussi enfoncer dans la bouche de Manza le parapluie quil avait à portée de main, pourtant il nen fit rien. Il écouta jusquau bout les invectives. Manza, le front en sueur, la bouche sèche, sarrêta enfin
Vous avez terminé monsieur ? demanda poliment Ato, et il ferma doucement la porte. Sil avait regardé par lilleton, il aurait pu voir un homme épuisé et au bout du rouleau. Il aurait aussi pu voir les regards de ses voisins. Mais il nen avait cure, cela ne le regardait pas.
Quelques jours après, la cité était en deuil de larchéologue. Il sétait suicidé, et ses "amis" nallèrent pas à lenterrement. En effet, ils avaient appris que Manza était traité depuis plusieurs années pour une maladie mentale.
Le concierge, qui, forcément, était au courant de tout et en particulier des petites rivalités entre voisins, sadressa à Maître Ato :
Cela doit vous faire plaisir que Manza soit mort ! Cétait vraiment un sale con ! Vous insulter comme cela !
Maître Ato pensait à une scène dun western quil avait vu dans sa jeunesse... celle ou les vautours tournent au-dessus dun moribond. Il posa sa main sur lépaule du concierge et lui dit :
Mon ami, je me fiche que monsieur Manza vive ou meure. Il fait partie des milliards dindividus qui mindiffèrent complètement. Il ma insulté ? Oui, et alors ? Si ce navait pas été moi, seut été quelquun dautre. Tout cela na vraiment pas dimportance