Certains disent que la foi est un acte de courage. D’autres qu’elle est un signe d’insuffisance intellectuelle.
D’autres encore qu’elle n’appartient qu’aux naïfs (émerveillement, confiance, voire aveuglement).
Ou qu’elle est une explication face à une question sans réponse.
Ou bien un vecteur de connaissances.
Ou encore un catalyseur, un élément fédérateur.
Beaucoup méprisent la foi parce qu’ils voient en elle un refuge pour fainéants, et un moyen d’absolution pour les ordures.
Mais la foi pour moi qui ne l’ai pas, ou du moins me semblait-il, la foi c’est l’humilité.
Humilité face bien sur à ce qui nous dépasse, mais aussi à ce que l’on pense maîtriser.
Humilité face aux articulations magiques de la nature, la construction faussement anarchique de notre évolution et de celle de l’univers.
La foi, ce n’est pas se sentir tout petit mais à sa place. Seulement à sa place, mais à sa place. La foi, celle que je ressens comme « vraie », ne peut venir qu’avec une certaine maturité, fidèle compagne de l’acceptation.
Il ne me parait donc pas adéquat d’inculquer une foi. On ne peut transmettre sa foi. Elle est aussi personnelle que son mouchoir ou que ses rêves.
La foi, c’est soi-même dans l’intimité, pas dans un temple ou dans des chansons. La ferveur collective, ce n’est plus de la foi. C’est un autre degré.